La persévérance

La persévérance je trouve ça noble, mais je ne me considère pas comme une personne persévérante.

Si j’écoutais ma tête, je ferais de tout: des cours de n’importe quoi parce que tout m’intéresse, du chant, des recettes à pu finir, ma propre école de tutorat en mathématique, ma compagnie de produits naturels, des entraînements constants, je deviendrais fleuriste, je ferais des tricots pour tous… mais non. J’ai vraiment beaucoup de bonnes intentions mais quand arrive le moment où je dois mettre de l’effort et persévérer… j’flanche. Alors, ça donne une fille qui a commencé bien des projets dans sa vie et qui ne les a jamais vraiment finis. Tsé cette fille que vous voyiez début septembre au gym puis qu’après 3 semaines n’était plus là? C’est moi! Au moins, j’ai appris à faire beaucoup de chose… mais jamais vraiment en profondeur. Le travail de longue haleine ce n’est pas pour moi, bonjour les choses « rapides ».

Je ne sais pas si c’est la peur de l’échec ou bien le fait que je sois paresseuse, mais je ne me rappelle pas d’un projet que j’eue terminé à mon goût.

J’ai pas mal toujours eu la vie facile, à l’école, avec les amis, avec les jobs. J’ai jamais eu (à mes souvenirs) a me battre fort pour obtenir quelque chose qui me tenait à coeur. Ou bien peut-être que je n’ai jamais eu quelque chose qui me tenait à coeur… Va savoir. Oui j’ai eu à jouer du coude, séduire (tsé l’employeur pour qu’il t’embauche…), mais je n’ai pas vraiment eu de mur et quand mur il y avait, je changeais de chemin plutôt que de l’escalader…

J’me rappelle de ma première séparation, ça été tough, mais je ne me suis pas « battue » comme tel. J’ai appris qu’on ne pouvait pas plaire à tout le monde et que même si on a passé beaucoup de temps avec l’autre qu’on ne pouvait pas contrôler ses sentiments et encore moins ses désirs. Ahhhhh le désir versus l’amour (voir même l’amitié), Axel  Red m’avait pourtant prévenu…  Après avoir pleuré un bon coup (mur #1), j’me suis finalement dit que j’n’étais pas d’la marde (expression) puis c’est ça, puis passe à autre chose. J’ne dis pas que ça été facile, mais j’ai fait un autre bout de chemin ailleurs.

J’me rappelle aussi de mes premiers mois en enseignement, ça été tough. Dans ce contexte, j’avoue que j’ai un peu (vraiment un peu) persévéré. J’ai étudié 4 ans d’ma vie pour faire ça… ce n’est pas vrai que j’vais abandonner comme ça. J’me suis essayée, mon stage 4 a été un échec émotionnel, ma maître associée se croyait en vacances, ma superviseur de stage m’épaulait… une chance. J’me rappelle tellement les fois où j’m’effondrais en larme après avoir passé une journée de marde alors que le lendemain les élèves étaient tellement correct. Ces premiers 4 mois ont été un précurseur pour la suite… J’ai quand même fini mon stage en me disant qu’il y avait un contexte puis que je ferais peut être une bonne enseignante malgré tout (mur #2). Première journée dans ma classe, j’ai commencé comme prof le lundi 12 septembre 2011. J’m’en rappelle comme si c’était hier. Avant d’entrée en classe, le directeur m’attrape en chemin, m’emmène dans son bureau avec ta TS. J’étais angoissée, tsé une première journée ce n’est pas si hot que ça à vivre. Puis là, le directeur veut me parler… un stress de plus. J’avais senti que l’école était en bourdonnement, mais je ne comprenais pas trop pourquoi, les gens chuchotaient, étaient énervés. C’est dans le bureau du directeur que j’ai appris la nouvelle: un élève de ma classe de 3e secondaire c’était suicidé durant la fin de semaine. Choc. J’te dis que ça part bien une profession!!! J’vous épargne le reste… mais j’ai fini par m’inscrire à l’été 2012 en Orthodidactique des Mathématiques. Cours que je n’ai d’ailleurs jamais fini… pas pour la complexité… mais la motivation.

J’étais (et je suis) encore trop attachée aux élèves que je côtoie … J’aurais dû persévérer… m’aider, consulter pour apprendre à me détacher, à laisser aller pour poursuivre… mais j’ai préféré abandonner cette voie. Je me suis vraiment trouvée lâche et j’ai préféré changer de profession plutôt que de poursuivre dans quelque chose que j’aime.

On s’entend, j’adore les mathématiques, j’aime enseigner, transmettre un savoir plus que tout et j’donne toujours des cours de mathématique, mais pas dans les écoles secondaires. Avoir plus de 30 élèves en même temps me détruit, j’me détruisais à petit feu…j’avais dont hâte au fin de semaine et au pédago, peut-être même plus que les élèves. J’me levais de peine et de misère, quand j’arrivais chez nous je n’avais plus d’énergie même pour faire à manger. Néanmoins, j’me rappelle encore de mes classes préférées, celles où j’avais 18 à 24 élèves. Je suis un peu nostalgique par moment, mais je ne suis pas prête a réessayer pour l’instant. Le lève mon chapeau VRAIMENT à tous les enseignants … Surtout à mes amis qui enseignent toujours.

Je me considère comme une lâche pour ça. J’suis retournée sur le marché du travail comme agente administrative (job que je considère facile) où j’avais travaillé comme étudiante pour ensuite postuler sur un poste de professionnel (j’avais un ex-beau-père qui m’poussait à appliquer) et j’me suis ramassée avec un autre job complètement dans un autre domaine ; l’approvisionnement et la logistique.

J’aime les choses faciles, qui ne me demandent pas trop d’effort. Par chance, j’suis curieuse et je suis capable de sortir de ma zone de confort, pas nécessairement de gaieté d’coeur, un effort reste un effort. Donc, je me suis embarquée dans ce nouveau défi avec beaucoup à apprendre. Je devais former des nouveaux utilisateurs sur un logiciel d’approvisionnement que je ne connaissais même pas… vous voyez le genre? J’peux dire que c’est un logiciel facile et « user friendly« , car je suis encore là et j’donne de la formation informelle continuellement.

J’me rappelle aussi une sortie de vélo dans les Cantons de l’Est où rendue en haut d’une côte après 15 minutes de vélo que je ne continuerais pas (mur #3). Mes amis étaient loin en avant, j’hyper-ventilais, et j’ralentissais le groupe, non. J’ai déclipé de mon vélo et j’ai arrêté de pédaler plutôt que de poursuivre à mon rythme (genre vitesse tortue déjà que j’n’avançais pas vite). J’me sentais comme un boulet. Ah l’orgueil.

Aniwouuéé

Je suis fascinée par la détermination de plusieurs, leur persévérance, je trouve ça noble. Voir un ami travailler d’arrache-pied pour réussir un cours qu’il a échoué 3 fois… ça m’épate. Voir des musiciens pratiquer chaque jour, ça aussi ça m’épate. Voir des écrivains écrire tous les jours, ça m’épate. Chapeau à ceux qui persévèrent, qui sont constants, j’me dis que j’aurais pu en faire des affaires si j’avais su persévérer…

Chez nous j’ai une guitare avec laquelle j’ai joué 1 an. J’ai 3 vélos (tsé que j’peux seulement embarquer sur un vélo à la fois). J’ai plein de balles de laine pour des projets mort-nés. J’ai un début de livre que je ne suis pas certaine de terminer. J’ai des amitiés que j’ai négligés. J’ai milles projets qui ne verront probablement jamais le jour parce que je dois mettre de l’effort. J’suis paresseuse et j’ai le luxe de pouvoir abandonner sans trop de conséquence… J’me trouve lâche, non persévérante, mais peut-être qu’un jour ça changera… 😉

Paix et luv

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3 réflexions sur “La persévérance

  1. La vie nous amène des fois dans des endroits où on ne veux pas vraiment être , c’est à nous de choisir , je reste là où je me grouille et je change. Tu as eu plein dépreuve et tu as fait des choix difficille. L’enseignement te détruisait et tu as quand même rediriger ta carrière. Tu va sûrement trouver ta vocation. Il y a des gens qui la trouve sur le tard et c’est normale. Je te trouve bonne avec millier de projets, toi tu essaie tout, j’en connais qui n’essaie rien et reste dans leur malheur. Toi tu as le courage d’essayer. Je suis fier de toi.

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  2. Très touchant, comme souvent d’ailleurs. Je pense que pour une amie non persévérante, il y a a des amis patients. J’ai bien hâte de me faire dédicacer votre livre.

    T. H. (Très heureux)

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