Texte #4 – Moto

Je me rappelle d’une soirée avec mon ami Boeuf en 2006 où l’on jasait de tout et de rien autour d’un drink exotique et on s’disait qu’avoir un permis de moto serait une bonne idée, l’aventure, le risque. L’idée d’avoir le sentiment de liberté sur deux roues sans l’effort de la bicyclette, l’aventure a germé dans ma tête et en mai 2017 j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis inscrite à un cours de conduite de moto. Je sais que ça m’a pris plus de 10 ans avant de « passer à l’acte ». Pourquoi ?

Je pense que ça été un concours de circonstance qui m’a amené à me positionner sur mes besoins, mes désirs et que j’avais passé à côté de bien des choses que je voulais faire « quand je serai grande ». Quand on ne prends pas le temps de se poser, de réfléchir je pense qu’on peut facilement passer à côté de pleins d’affaires qui nous allume et nous motive. La vie va bien trop vite et j’ai l’impression qu’avec nos horaires chargées c’est encore plus facile de s’oublier dans le quotidien. Plus particulièrement l’année 2017 et 2018 ont été des années plus difficile pour moi, ça favoriser des moments d’introspection, de consultation intérieur et extérieur hahaha. Ça m’a fait du plus grand bien.

En juin 2017 je réussi mon permis théorique (la phase facile de l’apprentissage dans mon cas), et je commence les cours en circuit fermé et sur la route. Oui, en circuit fermé on est tous dans un stationnement fermé, gentillement appelé la prison pour les instructeurs, on tourne en rond, on s’pratique à tourner, à freiner, à embrayer, à pousser la moto, … 4 heures par jour deux fois par semaine pendant 4 fin de semaines. Mon école était assez intense, mais une fois qu’on réussi à sortir du stationnement, c’est là que tout le plaisir de la conduite apparaît. Conduire à basse vitesse c’est LA chose le plus difficile, imaginez vous à bicyclette en train d’essayer de faire du sur place, ça travaille fort le sens de l’équilibre! Le petit détail de plus c’est qu’une moto ça pèse environ 180 kg, moins facile à retenir. Quand ça décide de tomber: tu tombes. Petit conseil, n’essayer pas de la retenir, laissez la tomber, laissez aller… un dos cela pardonne moins qu’une bosse sur la carrosserie et un petit coup d’orgueil.  

Le 8 août 2017 je réussi mon permis en circuit fermé, ce qui veut dire que je peux conduire une moto avec un accompagnateur! Chacun sur sa moto, je dois rouler en avant et l’accompagnateur me suit pour me checker. Est-ce que je fais mes angles morts, est-ce que je freine à temps, est-ce que je conduis correct finalement! 

Il y a eu un projet de loi déposer en décembre 2017 qui voulait modifier plusieurs aspect au code de la route et dont certain aspect touchait les motocyclistes. En effet, si le projet de loi était accepté, les motocyclistes apprentis pourraient conduire seul, entre 7h00 – minuit avec une tolérance zéro pour le taux d’alcoolémie. L’idée de l’accompagnateur restreignait l’usage des apprentis et faisait que beaucoup ne pratiquait pas autant que souhaité avant l’obtention de leur plein permis. Le projet de loi a été adopté et la loi a changé en mai 2018!

Comme je n’avais reconduis de moto depuis un certain temps, j’étais très nerveuse de m’acheter une moto. Quel style? Quelle année? Usagée? Toutes les questions impossible et inimaginable j’me les posais. J’ai finalement opté pour une moto qu’on appelle « Aventure » (tsé ce dont je rêvais). Plus haute que la majorité des motos, elle a un bon gabarit pour y mettre de grosse sacoche et partir à l’aventure. Je l’ai vraiment TOUTE équipé comme si j’étais une experte dans le domaine, une béquille centrale, des poignées chauffantes, des barres de protection… sans vraiment savoir si j’allais trippé. J’peix vous dire que mes premiers km étaient stressant… mais c’est comme la bicyclette; ça ne se perd pas!

Après plus de 7 000 km de route et soleil cet été, de moto camping, de départ sur un nowhere, de lever du soleil : JE CAPOTE sur ma moto. J’ai vraiment l’impression de partir en voyage même  si je vais travailler. Je ne peux pas vous dire comment j’ai hâte à l’été prochain! Je suis vraiment heureuses d’avoir fait ce choix. Il va certainement que je me trouve un sport d’hiver pour accoté le plaisir de l’été que j’ai trouvé dans la moto!

Entre temps j’ai remisé Bertha la moto le 1er novembre dans le cabanon de mon père. J’ai réussi mon permis, j’ai fait mon premier changement d’huile et j’ai voyagé. Je pense que je vais allé faire un tour dans le cabanon une fois de temps en temps pour m’assurer que tout ça est bien vrai. Quel sport d’hiver j’pourrais bien faire… à venir!

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Ouin… difficile dire non

Dans la vie, j’ai beaucoup de difficulté à dire « non » . Si tu me demandes quelque chose, tu es pratiquement assuré que je vais accepter ton offre. Honnêtement, 95% du temps j’ai vraiment le goût de dire oui et j’crois vraiment que c’est une bonne idée. Ce n’est qu’après un court moment de réflexion que mon enthousiasme  peut descendre; souvent on parle de moins d’une minute… parfois un peu plus de temps. Ouin… J’dois être optimiste faut croire… =P

Néanmoins, si je dis que 95% du temps ça me tente vraiment de dire oui, les forts en math comprendront qu’il reste un 5% ou je choisis entre le « non » ou le « ouin » : ce oui qui aimerait peut-être être un non. Il y a plein de raisons pour lesquelles on veut dire non: ça ne nous tente pas, la demande est vraiment déraisonnable, ou ça ne nous tente juste pas. Un « non » pour moi ça sonne égoïste. Non je ne veux pas t’aider, non ça ne me tente pas d’aller là et ce même si ça te ferait plaisir, même si ça fait longtemps, même si whatever… Au pire des cas, il y a le ouin… quand je décide d’y aller de reculons tsé, après avoir dit oui trop vite ou parce que je sais que c’est vraiment important pour l’autre personne. Souvent je finis toujours par trouver ça plaisant mais sortir quand ça ne nous tente pas… Il y a rien de pire je pense en terme de motivation. Par ailleurs, ce que je trouve difficile après avoir dit non c’est de me justifier. Un oui, c’est facile car tu n’es pas obligé de te justifier, tu as accepté l’offre. Alors ppppourquoi avons-nous besoin de se justifier quand on refuse! Inventer une raison bidon n’est clairement pas une meilleure alternative que d’accepter le fait que ça ne nous tente pas. Plus les gens m’achalent pour que j’accepte ou que je me justifie dans-le-détail-deux-trois-fois, plus j’ai l’goût de lâcher prise, d’abandonner. C’est un peu le syndrome de plus tu veux t’agripper plus j’ai l’goût de fuir… mais bon ça ne m’arrive pas souvent!

Aussi, selon une étude très sérieuse basée sur mes expériences personnelles  plus la demande est spontanée et momentanée [ dans le genre d’un là-toute-suite-je-te-sors-une-idée-est-ce-que-t-embarques-avec-moi], plus mon enthousiasme à la demande reste fort. Alors, si tu me demande d’aller au cirque dans 2 mois… certain que ça me tente d’aller au cirque, qui n’aime pas ça le cirque?!… mais dans 2 mois, est-ce que ça va toujours me tenter?! C’est ce qui me rend perplexe, car si la demande avait été pour le soir même… j’aurais été plus enthousiaste. J’suis bizarre, non?

Par contre, on m’appelle un matin : « Hey! On va à Boston tantôt, tu descends avec nous? » Premier réflexe: « Clairement que je veux aller à Boston avec vous! » Et là je réfléchis 2 secondes… « Ahhhh merde! Je ne peux pas, j’ai dit oui pour aller au cirque [v’là deux mois genre…] malheureusement, je ne peux pas… » Tssé cette fameuse sortie au cirque…

Ouin… là mon enthousiasme du « oui!!! » au cirque devient tranquillement un « ouin ». Je sais pertinemment qu’aller au cirque avec des amis c’est plaisant, mais aller à Boston l’est encore plus… C’est certain que je vais finir par avoir une expérience agréable de ma soirée, par contre, je vais avoir aussi l’impression de manquer quelque chose. Plus sérieusement, suis-je prête à m’engager 2 mois à l’avance pour une activité? Conserver ce choix et vivre avec les conséquences? Si j’ai l’opportunité de faire une autre activité TELLEMENT EXCITANTE, j’vais m’en mordre les doigts! Il y a des choses par contre, pour lesquelles ça ne me dérange pas: de bons spectacles, des vacances, pleins d’autres affaires. Haha. C’est comme si je voulais tout faire, tout voir comme je l’entend. J’aime avoir le choix de s’que je fais en soirée et encore! Si ça me tente de rien faire ce jour là finalement, d’avoir le luxe de ne rien faire.

Le luxe de rien faire… un rêve!

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Ahhh finalement prévoir et m’engager trop d’avance me donne un peu d’urticaire. Comme je suis une fille qui a de la difficulté à dire non, je me mords les doigts sur les occasions qui passent au lieu d’apprécier pleinement mon choix initial.  J’ai un travail à faire sur moi, ce que je veux vraiment et sur ma capacité à assumer mes choix. J’ai une grande amie qui me dit toujours, il faut être intègre dans ce qu’on pense, ce qu’on dit et ce qu’on fait.

Un gros défi quand même quand on y pense!  Une chose à la fois … Bonne semaine!